Communiqué,  Rojava

Les récentes révoltes noyées dans le sang..

Les récentes révoltes noyées dans le sang et la mort du général Soleimani mettent l’Iran au coeur de l’actualité récente. C’est l’occasion de rappeler qu’il y a 6 millions de Kurdes en Iran, au Rojhilat (Kurdistan de l’Est). Ces derniers sont persécutés par le régime des mollah auquel ils opposent la résistance armée du PJAK (Parti pour une vie libre au Kurdistan). Comme le souligne son dirigeant Siyamend Muini, les Kurdes sont la plus importante force politique organisée en Iran et un avenir débarrassé des mollahs ne peut s’écrire sans eux. Le PJAK se propose de devenir « l’avant-garde » révolutionnaire de l’ensemble des Iraniens pour vaincre la dictature théocratique et « reprendre la révolution de 1979 là où elle s’est arrêtée ». Interview datée de juin 2019 à retrouver ci-dessous.⬇️

Comment jugez-vous la situation en Iran et au Kurdistan oriental?

L’Iran est soumis à un embargo économique. Ce n’est pas une période normale pour l’Iran. Les développements d’aujourd’hui sont les conséquences de quarante ans de politique en Iran et à Rojhilat. La situation en Iran et à Rojhilat empire de jour en jour. L’embargo menace les relations économiques, politiques, internationales et diplomatiques de l’Iran. Cette situation crée l’opportunité pour les peuples de gagner la liberté après 40 ans de dictature. La révolution de 1979 pourrait alors reprendre là où elle s’était arrêtée et atteindre ses objectifs.

Quels sont les préparatifs des forces à Rojhilat contre les développements politiques en Iran?

Les Kurdes sont le facteur de base pour changer le système d’État-nation dans la région. Il ne s’agit pas seulement de l’Iran, les Kurdes ont montré leur rôle dans les crises des États-nations en Turquie, en Syrie et en Irak. À ce stade, les Kurdes ont proposé des solutions aux problèmes du Moyen-Orient et de l’Iran. Ils sont la force la plus organisée et la plus puissante d’Iran. Sous les exigences de la paix, de la liberté et de l’égalité, ils ont pu établir une forme d’unité nationale. En ce sens, les Kurdes peuvent représenter une avant-garde pour de nombreux mouvements en Iran.

Selon vous, quelles sont les tâches des Kurdes de Rojhilat et celles de l’opposition en Iran?

Il est important que les Kurdes forment une unité sur les plans politique, organisationnel et dans d’autres domaines. étant donné les développements actuels en Iran, l’unité des Kurdes et leur réunion sur une base commune, renforcera la position des Kurdes pour une jonction probable après le régime iranien. Je suis convaincu que les Kurdes ont de très bonnes chances d’atteindre leurs objectifs. Toutes les forces politiques devraient donc se soutenir mutuellement.

Quels projets avez-vous concernant l’unité des forces kurdes?

Nous avons présenté un projet de dix ans pour renforcer l’unité entre les forces politiques à Rojhilat. Pour ce projet, nous avons visité la majorité des partis à Rojhilat. Dans le même temps, nous avons communiqué cela en public et rendu compte des bases de la réunion. L’une de ces bases est qu’il ne devrait plus y avoir de milices du parti. Nous avons besoin d’une force nationale pour défendre nos réalisations. Nous devons envoyer le message aux États fascistes et à leurs collaborateurs que les Kurdes sont devenus plus forts dans la sphère politique et continueront jusqu’à la victoire.

Comment s’est déroulée cette réunion et votre projet à Rojhilat?

Nous pouvons apporter des modifications au projet sur la base des suggestions des parties lors de la réunion et l’enrichir. Nous avons présenté ce projet seul comme PJAK. À la suite de notre dialogue, la base de notre projet peut être élargie ou d’autres problèmes peuvent être extraits. Mais chacun doit savoir que nous avons préparé notre projet en tenant compte des intérêts politiques du Kurdistan. L’un des points importants est de nommer des représentants des partis et de travailler ensemble sur la base d’une « unité nationale ». À Rojhilat, ce travail sera effectué pour le compte des parties kurdes. Ce n’est pas une force appartenant au parti, mais une force conjointe et organisée qui peut protéger nos réalisations.

Nous voulons former une force conjointe. Nous ne voulons pas que les jeunes soient victimes des problèmes d’un parti avec l’autre. Le Kurdistan a soixante ans d’expérience et nous devons maintenant parvenir à une conclusion sur cette base. Un exemple négatif est la façon dont le gouvernement du Sud-Kurdistan applique un référendum sur l’indépendance au nom des Kurdes, puis remet la moitié du Kurdistan aux occupants. Quel genre de kurde est-ce qui cède facilement la moitié des terres aux occupants? C’est pourquoi il est important que les Kurdes libres et patriotiques expriment clairement leurs revendications et luttent pour la protection de leurs valeurs nationales.
Qu’est-ce qui fait obstacle à l’unité kurde?

Les intérêts individuels et économiques des parties les empêchent de se rapprocher. Nous ne disons pas que tous les Kurdes doivent penser la même chose. Mais les Kurdes, en particulier dans cette période particulièrement historique, peuvent prendre d’importantes mesures conjointes pour évincer les forces d’occupation du Kurdistan, affaiblir le chauvinisme et atteindre leurs objectifs. Dans un système démocratique, le peuple peut décider par lui-même, tandis que les partis peuvent proposer différents paradigmes.

La phase actuelle est très sensible et toutes les parties doivent en être conscientes et prendre des mesures pour agir dans la paix et l’unité. Quand je parle de partis politiques, je ne parle pas des esclaves du gouvernement au pouvoir. Certains partis sont devenus des outils gouvernementaux. Ils représentent une avant-garde de la Turquie et de l’Iran.

La politique à Bashur (Kurdistan du Sud) n’est pas orientée vers les intérêts nationaux. Il sert les envahisseurs du Kurdistan et prolonge leur vie. Ce système est dans les dernières respirations. Par conséquent, un nouvel exemple de projet est indispensable non seulement pour l’Iran, mais aussi pour l’Iraq et l’ensemble de la région. Toute la région peut devenir un modèle de démocratie et permettre ainsi la liberté et l’égalité.

Source : Anfenglish, 30 juin 2019, « Muini : Kurds are the strongest and most organized force in Iran ».

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